Premier parc solaire intégré à un domaine forestier

Premier parc solaire intégré à un domaine forestier

Le premier parc solaire intégré à un domaine forestier a été inauguré vendredi 28 octobre à Mios, dans le département de la Gironde par le groupe Ylliade et juwi EnR, en présence du Sous-Préfet d’Arcachon et du Maire de la commune de 6.650 habitants.

Ce parc solaire s’inscrit dans un projet original de diversification d’un domaine forestier qui a été durement touché par les tempêtes de 1999 et 2009. D’où une transition douce de la monoculture du pin maritime, vers des plantations plus variées, acacias, eucalyptus, etc… La résilience et la biodiversité de cette forêt pilote de plus de 2.000 hectares en sortent renforcées.

D’une puissance de 8,5 MWc, ce parc produit l’équivalent de la consommation électrique de 4.350 habitants soit celle de deux tiers des habitants de Mios, pour une surface occupée de moins de 0,2% du territoire de la commune, sur des parcelles très sinistrées. La construction d’une deuxième tranche, qui est en projet, permettrait à Mios de devenir « une commune à énergie renouvelable positive. »

Implanté en bordure de voie ferrée sur 18 hectares, le parc a produit ses premiers kWh après 5 mois de travaux. Le chantier a mobilisé jusqu’à 50 personnes et fait appel à de nombreuses entreprises locales. Au global, 36.960 modules photovoltaïques polycristalins ont été implantés sur des pieux battus, sans aucune fondation en béton. Ils produiront de l’électricité pendant plus de 20 ans.

En janvier 2011, le groupe Ylliade a confié la construction à juwi EnR : « Juwi s’est imposé au terme d’une compétition serrée et a su faire encore mieux que ses promesses », a déclaré Yves Jacquin Depeyre, président du groupe familiale Ylliade, également gérant de 2 groupements forestiers durement touchés par les tempêtes. « Le chantier s’est particulièrement bien déroulé, en bonne entente avec le voisinage et encore plus rapidement que prévu ».

Plus de 1.000 hectares ont été détruits sur le site en 2009 après plusieurs centaines d’hectares de dégâts en 1999. Etant parmi les rares forestiers à avoir un salarié à plein temps, il considère indispensable de diversifier les ressources de diversification des communes forestières. La monoculture du pin maritime est trop exposée au risque de tempête. « La plantation » de panneaux solaires est pour lui une diversification aussi naturelle et propice à la biodiversité que ses tentatives d’introduction de nouvelles variétés d’arbres comme l’acacias, qu’il expérimente à grande échelle.

La ferme solaire crée durablement un espace ouvert et non labouré propice aux oiseaux et à une petite végétation qui ne peut pas prospérer sous le couvert forestier.

En tant que forestier, il a soigneusement choisi la parcelle du domaine dédiée au solaire. Elle ne portait plus aucun arbre et elle ne présentait pas non plus d’intérêt pour la chasse. La centrale photovoltaïque a en effet été implantée sur une parcelle « coincée » entre la voie ferrée, une route et deux lignes à haute tension.