Mios : le solaire pousse bien

Une deuxième ferme solaire de 19 hectares au milieu des pins est mise en service et raccordée demain à EDF.

Les moutons nettoient le sol sous les panneaux photovoltaïques.
Les moutons nettoient le sol sous les panneaux photovoltaïques. (ARCHIVES B. D.)

A Caudos, ce hameau de Mios, aux confins du bassin d’Arcachon et des Landes, les panneaux photovoltaïques poussent plus vite que les pins.

Ils résisteront aussi peut-être mieux aux tempêtes qui en 1999 puis en 2009 avaient détruit jusqu’à 1 200 des 3 000 hectares du domaine appartenant au groupement forestier familial, présidé par Yves Jacquin Depeyre.

Si le forestier avait replanté des pins, mais aussi d’autres espèces comme le polonia, le liquidambar, et l’acacia, l’entrepreneur avait poussé la diversification jusqu’à créer une première ferme solaire sur 18 hectares, mise en service dans le courant de 2011.

Lors de son inauguration, en octobre 2011, le président avait annoncé le projet d’une deuxième tranche. En septembre dernier, la société Juwi, qui avait déjà réalisé la première centrale photovoltaïque, a démarré la construction de la seconde ferme solaire, sur
19 hectares.

Plus puissante et moins chère

Elle est achevée depuis le mois dernier, et ses 43 560 panneaux solaires, toujours en silicium, fixés sur des pieux en acier plantés dans le sol, sans le moindre béton, seront raccordés demain à EDF pour une mise en production immédiate.

Les deux fermes, identiques pour le profane, affichent quelques différences.

Mios 2, comme l’appelle Yves Jacquin Depeyre, est plus puissante et devrait produire une électricité encore moins chère. Ce producteur indépendant d’énergie solaire évoque une puissance de 10,5 MWc (contre 8,5 pour Mios 1), et une production d’environ 13,2 millions de Kwh par an (contre 10 millions), vendue à EDF 11,38 centimes le Kwh : « Moins de la moitié de l’éolien offshore. De plus, au bout de vingt ans, le temps de l’amortissement des panneaux, l’électricité photovoltaïque est la source d’énergie la moins onéreuse. »

On pourrait ajouter des panneaux plus espacés, des longueurs de câbles réduites, des onduleurs modulaires italiens sur rack (plus faciles d’entretien) et non plus allemands, mais toujours six pieux par panneau pour mieux résister aux tempêtes que les pins.

Yves Jacquin Depeyre est persuadé que de telles installations sont « particulièrement compétitives » : « Un tarif maintenu autour de 10 centimes permettrait aux développeurs de construire des parcs produisant des quantités significatives. » Il critique ainsi le choix de la France de « privilégier des solutions plus onéreuses comme l’installation sur des toitures ou des appels d’offres ».

La ministre invitée

Il pourra toujours le dire à la ministre de l’Écologie qu’il compte inviter à l’inauguration de cette deuxième tranche, et aussi lui montrer que les deux fermes solaires construites sur moins de 40 hectares, soit 0,29 % de la surface de la commune, sont séparées par « une réserve de biodiversité sur 20 hectares où on laisse la nature reprendre ses droits ».

Il pourra encore lui expliquer que Mios 1 et 2 produisent deux fois l’électricité nécessaire à la population de la commune, qui profitera des 140 000 euros de taxes par an, à partager avec le département et la région.

La ministre pourra également caresser les moutons qui nettoient naturellement le sol sous les panneaux.

Yves Jacquin Depeyre, qui se félicite de profiter d’un bon ensoleillement sur le bassin d’Arcachon, envisage déjà deux autres tranches « en intégrant 30 hectares supplémentaires de biodiversité » : « Chaque hectare dédié au photovoltaïque est compensé à la fois par un hectare de biodiversité et un hectare de reboisement de forêt de production. De plus, la chasse est définitivement interdite sur l’ensemble de cet espace, ce qui permet de repeupler les alentours. Les chasseurs ne sont pas mécontents. » Soit, à terme, 120 hectares, ou 5 % du domaine. Les pins, même moins résistants, sont encore les plus nombreux.

Publié le 11/03/2013 à 06h00, par Bernadette Dubourg – Sud-Ouest