Le solaire arrive sur le Bassin

La ferme solaire de Caudos, qui s’étend sur 18 hectares, au milieu des pins, fonctionne depuis début juillet. Elle devrait produire 10 millions de kwh par an. Elle a été inaugurée hier.

Seuls les forestiers et les chasseurs connaissent vraiment Caudos, un hameau de Mios, à la limite du bassin d’Arcachon et des Landes. Ici, on est au milieu des pins, ou du moins ce qu’il en reste depuis les tempêtes de 1999 et plus encore 2009.

C’est d’ailleurs sur une parcelle dévastée par la tempête Klaus que le groupement familial forestier Depeyre, propriétaire de 2 800 hectares à cheval sur Mios et Le Teich, a décidé d’installer la ferme solaire de Caudos qui est aussi le premier parc photovoltaïque du bassin d’Arcachon.

Diversifier les cultures

Yves Jacquin Depeyre, l’énergique président du groupement forestier, justifie ce choix par la volonté de « diversifier les cultures » sur ces parcelles de pins « fracassés ».

« En 1999, nous avons eu quelques centaines d’hectares de dégâts. En 2009, nous avons été une des propriétés les plus touchées, avec 1 200 hectares sinistrés. »

Après la première tempête, le groupement Depeyre avait resemé du pin maritime. Après la deuxième, il a opté pour la diversification. Il ne croyait plus tellement au schéma économique du pin, et voulait oser de nouvelles aventures forestières.

Le pin n’a pas disparu. Sur les 2 800 ha de la propriété, 2 000 sont toujours recouverts de pins maritimes, les survivants ou ceux qui ont été replantés.

Mais sur les 800 ha qui restent, on trouve un peu de tout. L’an dernier, par exemple, le groupement a planté 2 ha de polonais, puis 2 ha de liquidambars. Il a également fait un premier essai de 2 ha d’acacias. « Je suis un peu intrépide, je vais plus vite que la musique » confesse Yves Jacquin Depeyre qui a étendu la parcelle à 160 ha de semis d’acacias. Surtout pas de plants, le gibier s’en régale, malgré la présence des chasseurs.

Pour le gérant du groupement forestier, la ferme solaire n’est qu’une diversification de plus : « Une ferme solaire est une forme de plantation. »

Des moutons à l’essai

« Ici, vous le voyez, on plante les panneaux solaires. Il n’y a pas de blocs de béton, pas de fondation, mais des pieux battus. On les enfonce dans le sol, comme un clou dans une planche. Si un jour, on ne fait plus d’électricité, on enlèvera les pieux, c’est tout. »

De la même manière, l’ambition écologique l’a emporté dans le choix des matériaux pour les panneaux solaires, composés d’acier, d’aluminium, de verre et de silicium, « que des matériaux recyclables ».

Pour compléter le tableau, on peut aussi parler du petit troupeau de moutons, installé « à l’essai », pour nettoyer le sol, sous les panneaux solaires.

Cette première ferme solaire de 18 ha, construite par la société Juwi dont le directeur Nicolas Pagès évoque le « chantier exemplaire », a été installée entre la voie ferrée et un chemin d’accès à une autre propriété, sous deux lignes à haute tension.

Ce parc, d’une puissance de 8,5 MWc, en activité depuis le 5 juillet, devrait produire 10 millions de kWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 4 350 habitants. L’électricité est vendue à EDF « au prix du marché », 0,32 centime d’euros le kilowatt.

Hier, au cours de l’inauguration en présence du sous-préfet Jean-Pierre Hamon, Yves Jacquin Depeyre a annoncé son intention d’étendre la ferme solaire sur 20 ha supplémentaires.

Une aubaine pour la commune de Mios. Le maire, François Cazis, a calculé que la ville pourrait percevoir 77 000 euros par an.

« C’est une idée de Parisien d’opposer la forêt et le photovoltaïque », sourit Yves Jacquin Depeyre, alors que les intervenants vantaient les énergies renouvelables dans le respect de l’environnement.

Samedi 29 octobre 2011 à 06h00 | Mis à jour le 29 octobre 2011 à 10h27
Par Bernadette Dubourg